Kinshasa : L’audit interne s’impose comme un levier stratégique à la 9ème Conférence Nationale

Placée sous le thème «Une fonction d’audit interne efficace pour faire la différence dans le secteur public et privé en RDC », la 9ème Conférence Nationale de l’Audit Interne s’est clôturée ce jeudi 28 août à Kinshasa.Pendant deux jours, l’Hôtel Béatrice, à la Gombe, a accueilli l’événement organisé par l’Institut des Auditeurs Internes du Congo (IIA Congo).

L’objectif, selon Émile Kakesse, président du comité des sages de l’IIA Congo, était de vulgariser les nouvelles normes internationales de la profession et de favoriser le partage d’expériences.

La rencontre a rassemblé des délégations venues de Tunisie, du Cameroun, du Togo, du Sénégal, du Gabon, du Zimbabwe et d’Algérie, aux côtés de représentants de la Fédération Africaine des Instituts d’Audit Interne (AFIIA), de l’AMEP, de l’Inspection Générale des Finances (IGF), de la CENAREF, de la Banque Centrale du Congo ainsi que des acteurs du public et du privé.

Clôturant les travaux, le Président de l’IIA Congo, Alain-Serge Lubelo, a salué la qualité des débats. « La profession chez nous se structure, elle s’affirme et se renforce. Mais notre responsabilité reste grande. L’audit interne n’est pas seulement une fonction de contrôle, c’est un levier stratégique pour transformer nos organisations », a-t-il déclaré.

Blanchiment des capitaux et nouvelles normes au cœur des échangesLa seconde journée a été marquée par plusieurs interventions de fond.

L’expert-comptable Cyrille Mbuwa Mongele a ouvert la journée avec un exposé sur la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Revenant sur la loi n°22/068 et la création de la CENAREF, il a rappelé l’enjeu crucial de l’évaluation du GAFI prévue en septembre 2026 pour la sortie de la RDC de la liste grise. Il a positionné l’audit interne comme troisième ligne de défense pour garantir l’efficacité du dispositif LBC/FT.

Norbert Kitenge Kapenga est ensuite revenu sur l’évolution du cadre normatif international, en vigueur depuis un an, en détaillant sa structure et ses exigences, notamment la norme 9.4 qui impose un plan d’audit stratégique aligné sur les risques.

De son côté, Paulin Nkenye Zimika a dressé un état des lieux mitigé de l’application de ces normes en RDC : si la profession se structure, l’appropriation reste inégale, le secteur public accuse du retard et le nombre d’auditeurs certifiés est encore insuffisant. Il a plaidé pour un plan national de formation et de certification accéléré.Venue du Sénégal, Dr Aïssatou T. Dia Ndiaye a démontré comment les outils informatiques permettent à l’audit interne d’apporter une réelle valeur ajoutée.

Enfin, le Gabonais Emvene Abondo Igor, certifié CIA, a partagé le regard de l’Afrique centrale sur la maturité de la fonction, insistant sur trois défis communs : préserver l’indépendance des auditeurs, obtenir des ressources adéquates et faire évoluer la perception du métier.

Les débats ont également été enrichis par les contributions de Gratien Tibamuena, Gaby Kabanangi, Tany Kambangu et Evelnord Tany.

Côté participants, la satisfaction était au rendez-vous.

« C’était très bien organisé et très enrichissant. Nous avons beaucoup appris. J’ai particulièrement apprécié les échanges avec des collègues venus de différents pays africains », a témoigné Tambo Kasi Neftali, Chef comptable à l’ONEM.

Sarah Ntetele

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