RDC : la fausse plateforme “WTF” accusée d’avoir escroqué des milliers de Congolais

Une vaste escroquerie numérique secoue la République démocratique du Congo. Une plateforme du nom de WTF, qui prétend être affiliée à la société britannique Working Title Films, est accusée d’avoir extorqué de l’argent à des milliers de citoyens à travers une fausse promesse d’investissement lié à la visualisation de films.

La plateforme proposait des revenus journaliers, selon le “niveau VIP” activé, incitant les utilisateurs à investir davantage pour espérer gagner plus. Mais depuis plusieurs semaines, tous les retraits sont bloqués. À chaque date annoncée, de nouvelles excuses sont avancées : mise à jour technique, modification du taux de retrait, ou plus récemment, une obligation de payer un impôt à la DGI avant tout retrait.

 »Comment payer un impôt si notre argent est bloqué ? Ils avaient promis de débloquer les retraits le 12 décembre. Maintenant, ils nous demandent de payer d’abord… C’est un piège !” déclare une victime.

Plusieurs utilisateurs affirment avoir emprunté de l’argent, vendu leurs biens ou contracté des crédits pour investir sur la plateforme. L’espoir d’un enrichissement rapide s’est transformé en un véritable cauchemar financier.

Aujourd’hui, la détresse est généralisée : à Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Bukavu, Mbujimayi et ailleurs, des familles sont au bord de l’effondrement. Des pères et des mères ne peuvent plus nourrir leurs enfants. Des jeunes, séduits par la promesse d’autonomie financière, sont désormais surendettés et brisés psychologiquement.Malgré l’ampleur du scandale, aucune autorité congolaise ne s’est encore exprimée. Ni la Direction générale des impôts (DGI), ni le ministère de l’Économie numérique, n’ont apporté de clarification. La plateforme, quant à elle, affiche des documents juridiques prétendument signés avec les autorités congolaises, suscitant de vives interrogations sur leur authenticité.

Alors que le gouvernement congolais encourage l’entrepreneuriat numérique comme levier de développement, ce type d’arnaque nuit gravement à la confiance des citoyens dans les outils digitaux. L’État est appelé à identifier et sanctionner les responsables, à encadrer les plateformes numériques, et à protéger les populations contre les dérives du numérique sauvage.

En attendant une réaction concrète du gouvernement, la vigilance citoyenne reste la seule défense face à ces escroqueries qui ruinent des vies.

Christine Nzangula Tima

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